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Fonds d'investissements pris au piège de Madoff : premières révélations

Au total, le gendarme boursier a dénombré une trentaine de fonds d'investissement qui sont en partie ou totalement investis dans la galaxie Madoff. Désormais découverte, l'escroquerie du magnat américain de la finance, provoque le gel de nombreux OPCVM (Organisme de placement collectif en valeurs mobilières). De nombreuses Sicav et fonds commun de placement français sont d'ores et déjà contaminés puisque l'autorité des marchés financiers (AMF) a estimé à 500 M€ leur exposition. 66 % de cette somme ne concerneraient que des placements destinés à une clientèle fortunée, 26 % pour des clients institutionnels (assurances, etc.) et 8 % pour les particuliers. Les petits porteurs seraient donc touchés à hauteur de 40 M€. Selon les premiers éléments de l'enquête, la contamination des fonds français s'est surtout réalisée via la Sicav luxembourgeoise LuxAlpha.

L'identification de tous les fonds affectés prend du temps car l'escroc new-yorkais ne vendait pas directement des produits étiquetés « Madoff ». Il utilisait un réseau de revendeurs qui eux-mêmes permettaient à certains investisseurs « triés sur le volet » d'investir une partie de leurs actifs qu'ils avaient auparavant levés auprès des particuliers notamment. Les brochures vantant les placements n'indiquaient nulle part que les fonds étaient destinés à être investis dans le fonds Madoff.

Malgré l'opacité des montages, la liste des fonds français pris au piège commence à se constituer (voir infographie) a commencé à annoncer Le Figaro. à des degrés divers, tout le monde sera touché. Mais Christine Lagarde, ministre de l'économie, a voulu éviter tout effet de panique en rassurant les épargnants qui détiennent des parts de Sicav.

Geler les souscriptions

Dans ce souci d'apaisement, le gendarme boursier français n'a pas souhaité révéler lui-même la liste des fonds «pourris» estimant que c'est aux organismes financiers d'informer les clients malheureux. « Le code monétaire et financier impose aux sociétés de gestion de le faire » a déclaré hier l'AMF qui souhaite que leur site internet le mentionne également. Certains épargnants recevront donc dans les prochains jours un courrier de leur gestionnaire.

En revanche, le gendarme boursier a recommandé aux sociétés de gestion de geler les souscriptions et les rachats sur les fonds dont le risque Madoff est supérieur à 5 % des actifs. Parmi les victimes, HSBC, Fortis, Rothschild et Cie Gestion, figurent dans la liste des gestionnaires ayant investi dans du Madoff. Gil Bousquet

Les petits porteurs évitent le pire, pas les riches

Parmi les fonds dans la tourmente, le Britannique HSBC se taille la part du lion avec déjà quatre produits identifiés sur une première liste de dix noms. Deux fonds du Belge Fortis sont également concernés via Luxalpha, une sicav de droit luxembourgeois. Certains fonds restent cependant ouverts, car moins de 5 % de leurs actifs seraient contaminés. Il s'agit du fonds Oval Alpha Palmarès chez Ofi Asset Management qui est exposé à hauteur de 3,7 % des actifs.

Les plus touchés seront les clients fortunés qui ont confié une partie de leur patrimoine à ce que les financiers appellent les « Family office ». Littéralement «bureau pour la famille», il s'agit d'un service dédié aux riches particuliers (chef d'entreprise, professions libérales…) au sein des cabinets spécialisés dans la gestion de patrimoine ou dans les grandes banques comme HSBC.

Les autres épargnants ont acheté des sicav de leur banque qui ont elles-mêmes investi dans des fonds luxembourgeois (Luxalpha) ou irlandais (Thema International) exposés à Madoff. Enfin, certains qui se croyaient à l'abri se trouvent finalement exposés car le fonds dans lequel ils avaient investi à lui-même pris des participations dans un autre fonds qui, lui, a investi dans du Madoff. C'est le principe des poupées russes ou de fonds de fonds. Pour les particuliers, le risque est très dilué et ne devrait représenter que 1 à 2 % de leurs investissements.

 

Source:  ladepeche.fr
Proposé par: Jules Temgo le 23/12/2008 - 14h24 Dernière modification: 23/12/2008 - 14h24  Écrire une NEWS
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