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La Russie appelle l'UE à surveiller le transit en Ukraine

Elle a réitéré ses accusations de vol de gaz destiné à l'Europe, ce que Kiev à nié, dans un nouvel épisode de la «guerre du gaz» entre les deux pays.

«Etant donné que les observateurs engagés par Gazprom n'ont pas accès aux systèmes de pression des stations de pompage en Ukraine, nous avons proposé à la Commission européenne de surveiller le transit des volumes de gaz à travers ce pays», a déclaré le porte- parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov, à la télévision russe.

Cette sollicitation intervient alors que Gazprom a une nouvelle fois accusé l'Ukraine d'avoir volé du gaz russe - 25 millions de mètres cubes au cours des dernières 24 heures - transitant par les réseaux ukrainiens pour être acheminés aux consommateurs de l'UE.

«Manipulations techniques»

Réfutant cette accusation, la société nationale ukrainienne Naftogaz a reproché à Gazprom de se livrer à des manipulations en matière d'approvisionnement du gaz qui transite à travers l'Ukraine. Elle a mis en garde contre des «conséquences imprévisibles» pour l'Europe.

Ainsi, Naftogaz «conseille vivement à Gazprom de cesser les manipulations techniques des volumes de gaz et des réseaux de distribution, de synchroniser les systèmes de distribution de la Russie, de l'Ukraine et de l'Europe», et de reprendre les négociations

Gazprom va augmenter les quantités

Pour compenser les baisses de volumes de gaz russe constatées par certains Etats de l'UE, Gazprom a promis d'augmenter les quantités destinées à l'Europe.

En République tchèque, les livraisons de gaz naturel russe ont baissé de 5% dimanche, selon le porte-parole du groupe RWE Transgas, Martin Chalupsky. Celui-ci a souligné que cette réduction serait compensée par le biais des stocks ou des livraisons en provenance de Norvège.

D'autres pays avaient fait des observations identiques samedi: la Pologne a constaté une baisse de 11% des livraisons par rapport aux volumes contractuels, un recul compensé par des livraisons via le Bélarus, selon l'opérateur des gazoducs polonais Gaz-Systema. La Roumanie a elle vu ses livraisons baisser de 30% dès vendredi soir et la Bulgarie de 10 à 15% samedi.

En revanche, l'autrichien OMV, premier groupe gazier et pétrolier d'Europe centrale, qui gère un des trois principaux centres de répartition du gaz russe en Europe, n'a constaté jusqu'ici aucune perturbation, selon sa porte-parole Michaela Huber.

Tournées diplomatiques

La Russie a interrompu jeudi l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine, faute d'un accord sur le prix des livraisons pour 2009 et sur des arriérés de paiement, faisant craindre une répétition du scénario de 2006, qui avait provoqué une chute de l'approvisionnement des clients européens.

Depuis, Gazprom et Naftogaz s'accusent mutuellement d'être responsables de la crise et ont dépêché chacun de leur côté des délégations dans des pays de l'UE pour tenter de les rallier à leur position.

Après s'être rendu à Prague, capitale de la République tchèque qui assure la présidence tournante de l'UE, le vice-président de Gazprom, Alexandre Medvedev, était attendu à Paris dimanche puis Londres lundi.

Moscou appelle à négocier

A Moscou, le groupe russe a de nouveau appelé dimanche l'Ukraine à reprendre les négociations, dont l'échec le 31 décembre avait conduit à la coupure de l'approvisionnement de cette ancienne république soviétique en gaz russe.

Gazprom réclame désormais à l'Ukraine un prix de 450 dollars pour 1000 mètres cubes en janvier, selon le patron du groupe, Alexeï Miller, soit un tarif plus élevé que le «prix européen» de 418 dollars demandé auparavant.

Source:  20min.ch
Proposé par: Jacques Guiffo le 08/01/2009 - 12h33 Dernière modification: 08/01/2009 - 12h33  Écrire une NEWS
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