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L'économie mondiale prend lentement le chemin de la reprise au milieu de signes

À l'approche de la réunion annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, qui offrira aux décideurs une nouvelle opportunité de débattre des moyens de relancer une croissance durable, l'économie se mondiale se démène pour sortir de la récession la plus grave qu'elle ait connue depuis les années 1930.

Les signes annonçant une stabilisation se mêlent à ceux laissant craindre une nouvelle aggravation.

Côté positif, le produit économique mondial devrait selon les prévisions d'un rapport du FMI publié jeudi, croître de 3,1% en glissement annuel en 2010, un chiffre revu à la hausse depuis les estimations d'avril dernier, qui prédisaient +0,6 %.

La veille, le FMI avait déclaré dans un autre rapport que la stabilité du système financier mondial avait "progressé" à la suite des mesures politiques sans précédent qui ont été adoptées, et à la lumière des signes de reprise économique, amenant le Fonds à rabaisser de 4 000 à 3 400 milliards de dollars ses estimations des pertes causées par la crise économique et financière mondiale.

Provoquée par un effondrement des produits hypothécaires à risque aux États-Unis durant l'été 2007, la crise financière mondiale, et la récession qui l'a suivie, ont conduit à une dévastation des systèmes bancaires, à des destructions massives d' emplois et à une stagnation du commerce international.

Signe de l'embellit actuelle, le gouvernement américain a annoncé mercredi que son économie avait enregistré une contraction d'un taux annualisé de 0,7% au second trimestre, soit 0,3% de mieux que les estimations précédentes. Au premier trimestre, la première économie du monde a vu son produit intérieur brut (PIB) chuter de 6,4%.

Tous les signes récents semblent confirmer les précédents indicateurs pour indiquer une reprise plus rapide que prévue, après que les gouvernements de nombreux pays eurent versé des milliers de milliards de dollars pour le sauvetage des banques et la stimulation de l'économie.

En Union européenne (UE), le PIB ajusté des variations saisonnières a baissé de 4,8% au second trimestre par rapport à l'année précédente, mais de 0,2% seulement en glissement trimestriel, selon les premières estimations publiées par Eurostat, l'organisme de statistiques des communautés européennes.

Au premier trimestre de l'année, le taux de croissance trimestriel était négatif de 2,4 %.

La France et l'Allemagne sont déjà sorties de récession au second trimestre, enregistrant une expansion de 0,3% par rapport au trimestre précédent.

Après la France et l'Allemagne, le Japon a dégagé une croissance de 0,6% de son économie au second trimestre, devenant le troisième pays du Groupe des sept à revenir à la croissance, suite à un hausse de ses exportations et de sa consommation nationale.

Les économies émergentes devraient prendre la tête de la reprise, le rapport du FMI de ce jeudi prédisant une croissance de 9 % pour la Chine et de 6,4 % pour l'Inde en 2010.

Toutefois, les signes de rebond enregistrés jusqu'ici ont été principalement obtenus au prix d'énormes dépenses publiques et d' ajustements des stocks des entreprises, deux mesures palliatives qui ne peuvent durer éternellement, a déclaré jeudi Olivier Blanchard, conseiller économique et directeur du département de recherche du FMI, lors d'une conférence de presse Istanbul.

L'escalade des déficits budgétaires, l'insuffisance du crédit bancaire pour soutenir l'investissement des entreprises et la faiblesse de la demande privée en conséquence du taux de chômage élevé constituent des menaces majeures pour le processus de remise sur pied de l'économie, a-t-il dit.

Le chômage dans les 16 pays de la zone euro a atteint son niveau le plus élevé en 10 ans, à 9,6% en août après ajustement des variations saisonnières, contre 9,5% en juillet bien au-dessus des 7,6% en août 2008, a annoncé Eurostat jeudi.

Aux Etats-Unis, l'indice de confiance des ménages a chuté de manière inattendue en septembre, tombant à 53,1 contre 54,5 en août, alors que le taux de chômage dans ce pays s'élevait à 9,7% en septembre, son plus haut niveau depuis 26 ans.

Au Japon, les exportations ajustées des variations saisonnières ont dégringolé de 1,3 pourcent de juin à juillet, indiquant le recul des stimulus économiques massifs mis en place par les principales économies mondiales.

Le niveau d'endettement devrait atteindre 110% du PIB d' ici 2014 dans les pays avancés, où les autorités fiscales sont aussi soumis à une pression supplémentaire du fait du vieillissement de la population et de l'augmentation des frais de santé, a indiqué M. Blanchard.

Par ailleurs, les banques désormais purgées de leurs actifs toxiques ont encore fort à faire pour reconstituer leur capital, renforcer leurs bénéfices et s'affranchir du soutien financier des gouvernements, a déclaré le FMI dans son rapport mercredi.

Un autre risque est lié au protectionnisme, qui refait surface depuis la récession provoquée par la crise financière. Selon les économistes, la spirale des guerres commerciales lors de la crise des années 1930 est le facteur qui a précipité l'économie mondiale dans la Grande dépression.

Les dirigeants du Groupe des 20 pays les plus riches et affichant la plus forte croissance ont convenu le mois dernier d' accélérer les efforts pour achever le round de négociations commerciales de Doha d'ici 2010. De nombreux gouvernements rechignent à conclure un large accord mondial, qui ouvrirait davantage de marché y compris dans le domaine de l'agriculture, et qui est parfois perçu comme une menace pour des marchés de l'emploi nationaux déjà en difficulté.

Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a déclaré jeudi qu'il serait difficile d'affirmer que la crise est finie tant que le chômage n'aurait pas baissé, ce qui peut prendre bien plus de temps que la reprise de la croissance économique.

M. Strauss-Kahn a tenu ces propos à l'approche de la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale qui doit avoir lieu les 6 et 7 octobre à Istanbul, plus grande ville de la Turquie.

"La reprise a bel et bien démarré", a-t-il dit lors d'un discours à l'Université de Bilgi. "Mais cela ne signifie pas que la crise est terminée".

Source:  Xinhua
Proposé par: Jacques Jules Guiffo le 02/10/2009 - 16h43 Dernière modification: 02/10/2009 - 16h43  Écrire une NEWS
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