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Choix des instruments de change


ÉTAPE 3 : Choix des instruments de change

Il existe différents instruments qui permettent d’atténuer les impacts liés aux fluctuations desdevises. Nous en faisons ici une brève description.

A) Position naturelle
La position naturelle est la position fondamentale de l’entreprise. Elle détermine l’exposition que l’entreprise a par rapport à une certaine devise. Chaque entreprise qui fait des transactions d’affaires dans une devise étrangère se retrouve avec une position naturelle. Cependant, une couverture naturelle est une situation dans laquelle l’entreprise couvre son risque dans la devise étrangère à même ses opérations. Par exemple, une entrée de devises US pourrait être séparée du risque de change de l’entreprise par un paiement du même montant en devises US à un fournisseur.

B) Change à terme: contrats à terme et swaps.
Le change à terme est un des instruments de prédilection pour la couverture du risque de change. En effet, cet instrument offre souplesse et liquidité dans les devises courantes. Les montants et les dates peuvent être accordés à la transaction commerciale, ce qui permet de ne laisser aucun risque résiduel. En contrepartie, l’utilisation du change à terme ne permet pas de profiter d’une évolution favorable des cours d’une devise.

1) Le contrat à terme consiste en une entente portant sur la conversion d’une monnaie en une autre. Le montant de la transaction, le taux de change utilisé pour la conversion et la date future à laquelle s’effectuera l’échange sont fixés au moment de la prise du contrat. Certains contrats permettent des livraisons partielles effectuées durant une période optionnelle qui peut atteindre 30 jours.

2) Le swap consiste en l’exécution simultanée d’une opération au comptant et d’une opération à terme, en sens inverse, pour le même montant en devise. Ce type d’opération de change est fréquemment utilisé par les entreprises ayant des comptes-fournisseurs et des comptes-clients dans une même devise, mais dont les dates d’échéance ne sont pas appariées.

C) Options d’achat et de vente

Moyennant le paiement d’une prime, l’option donne le droit, mais non l’obligation, d’acheter ou de vendre une devise à une date et un cours déterminés. L’option (utilisée à des fins de couverture et non de spéculation) fonctionne comme une police d’assurance. Si les taux évoluent de façon défavorable, l’acheteur de l’option est protégé ; dans le cas contraire, il n’exerce pas l’option et peut réaliser un profit.

1) Option d’achat (Call) : Avec une option d’achat, deux scénarios peuvent se réaliser à l’échéance. Dans le premier, le taux de change à l’échéance de l’option est au-dessus du prix d’exercice alors le détenteur de l’option peut alors exercer son droit et acheter la devise au taux prédéterminé avantageux. Dans le second, le taux de change à l’échéance de l’option est en dessous du prix d’exercice alors le détenteur de l’option n’a pas avantage à exercer son droit car il peut acheter la devise moins chère sur le marché. Il se retrouve donc à perdre uniquement la prime payée pour se procurer l’option initialement.

2) Option de vente (Put) : Avec une option de vente, il y a également deux scénarios qui peuvent se réaliser à l’échéance. Dans le premier, le taux de change à l’échéance de l’option est au-dessus du prix d’exercice alors le détenteur n’a pas avantage à vendre au prix d’exercice car il peut vendre à un meilleur prix sur le marché. La prime payée initialement est donc perdue. Dans le second, le taux de change à l’échéance de l’option est en dessous du prix d’exercice alors le détenteur a avantage à exercer son option car il peut vendre la devise au prix d’exercice qui est alors avantageux.

D) Autres options
D’autres types d’options existent et sont offertes par nos cambistes. En fait, une gamme variée et adaptée aux besoins de chaque entreprise est disponible. L’avantage des produits de couverture contre les risques de change se situe dans leur malléabilité. Une stratégie sur mesure est toujours possible et il n’existe d’autre fin que celle élaborée par notre imagination. Voici donc quelques exemples d’options disponibles sur le marché.

Tunnel (collar) : Un tunnel est une combinaison de deux contrats pour obtenir un diagramme de profit bien particulier. Il y a deux façons de construire un tunnel. La première est réalisable en achetant une option d’achat et en vendant une option de vente et la seconde est réalisable en achetant une option de vente et en vendant une option d’achat. Dans les deux cas, l’entreprise réussit à garantir que son taux d’achat ou son taux de vente de USD ne sortira pas d’un intervalle compris entre les deux prix d’exercices des options comprises dans le tunnel. Le prix de cette structure équivaut généralement au montant payé pour acheter une des options moins le prix reçu pour la vente de la seconde option.

Exemple de tunnel autofinancé ou collier gratuit :
Une compagnie exporte des médicaments en Europe et désire se protéger d’une dépréciation de l’Euro, mais ne veut pas débourser du tout. Cette compagnie a donc dans son portefeuille un montant variable d’Euros. Supposons donc que le cours de l’Euro est actuellement de 1.45 pour les fins de l’exemple.

Pour répondre à ses demandes spécifiques, l’entreprise décide de se couvrir par le biais d’un tunnel autofinancé. Elle achète une option de vente à un prix d’exercice de 1.4350 pour une échéance de trois mois et elle vend une option d’achat à la Caisse centrale Desjardins à un prix d’exercice de 1.4650 pour
une échéance de trois mois.
 La prime sur l’option achetée est de 1500$ et la prime reçue sur l’option vendue est de 1500$. Par conséquent, la structure ne coûte rien à
l’entreprise.
 La compagnie réussit donc à garantir que son taux de vente de l’Euro ne sortira pas de l’intervalle (1.4350-1.4650) pour une période de trois mois. Elle se débarrasse donc d’une source de risque.

Options barrières : Ces options ont les mêmes caractéristiques que les options standards mais elles sont aussi munies d’une barrière. La barrière peut soit être au dessus ou en dessous du cours actuel de la devise et elle peut être activante ou désactivante.

 Activante (knock-in) : L’option est exerçable seulement si la barrière est franchie avant l’échéance.
 Désactivante (knock-out) : L’option est exerçable dès l’instauration mais elle disparaît définitivement si la barrière est franchie.

Dans les deux cas, il s’agit que le cours touche ou franchisse la barrière n’importe quel jour avant l’échéance pour activer / désactiver l’option.

Tableau 1 : Avantages et bénéfices du change à terme et des options

Tableau

 

Tableau 2 : Avantages et inconvénients pour les autres options

Tableau 2

Quelques stratégies possibles

Dépendamment des réponses obtenues à l’étape 1, de la situation financière de votre entreprise (capacité de prendre des risques) et de votre propre tolérance aux risques, voici quelques exemples de stratégies génériques. D’autres stratégies plus complexes, telles que vues au point D, existent également afin de répondre aux situations particulières.

Tableau 3 : Quelques exemples de stratégies possibles

Tableau3

ÉTAPE 4 : Une stratégie ponctuelle et actuelle
Une fois que vous êtes en mesure d’identifier quels instruments correspondent aux besoins que vous avez identifiés, il serait temps de vérifier les échéances pour lesquelles vous souhaitez vous protégez. Normalement, une période de 3 mois est suffisante mais il se peut que vous vouliez établir une stratégie sur une période de 1 an. Encore une fois ici, il est de votre ressort de voir sur quelle période vous souhaitez appliquer votre stratégie de couverture des risques de change.


Cependant, il est important de savoir qu’une stratégie se doit d’être redessinée. Effectivement, avec le temps, les données utilisées pour établir votre stratégie changent. Il se peut alors que vos comptes-fournisseurs de même que vos comptes-clients ne soient plus les mêmes, que vous ayiez maintenant une meilleure couverture naturelle ou encore que vous ayiez une attitude différente face au risque. Dans tous les cas, une stratégie gagnante doit être revisitée le plus souvent possible de façon à ce qu’elle reste centrée sur vos objectifs de croissance, sur votre gestion de la trésorerie de même que sur l’actualité.

Source:  Desjardins Caisse Central
Proposé par: Jacques Guiffo le 13/11/2008 - 16h38 Dernière modification: 13/11/2008 - 17h59  Écrirez votre TUTORIAL
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