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Section IV : La structure du droit du commerce international
L'harmonisation des règles nationales est un
idéal que poursuit le droit du commerce international,mais il est difficile à
réaliser.Malgré la multiplication des textes communs,les rapports juridiques ne sont
pas toujours réalisés en raison du pluralisme des
conceptions juridiques des états.
L'égalité manque compte tenu des conditions socio-économiques de chaque pays.
Le droit du commerce international offre le spectacle désolant d'un
agrégat de règles dispersées dans des receuils internes et
internationaux.Cet agrégat est en quête de structure,laquelle assure
l'unité et la cohérencede l'ensemble.
A ) Le constat de diversité.
a ) Le manque d'unité.
Notre époque voit
apparaitre la construction de la communauté
économique européenne,les dialogues est/ouest et nord/sud.
Le but proposé est de trouver l'harmonie,un consensus avec du moins un compromis.
Mais la divergence des intérêts empêche parfois de réaliser l'unité
des textes.Et si cette unité est réalisée (peut demeurer théorique et
non effective,tant que le texte n'a pas été ratifié sans déroger à la
convention (art 6 de la Convention).
Mais si tous les obstacles étaient levés,l'unité de texte ne signifie pas
l'unité d'interprétation. La divergence des conceptions peut se refléter devant les
tribunaux et les sentences arbitrales.
- Le défaut d'unité des textes
- Vision de la Common Law:
- Common Law et civil law ( visions différentes ).Pour la Common Lawl'exécution
par équivalent ( domages-intérêts en cas
d'inéxecution du contrat) est la règle et l'exécution en nature ("specific performance").
La Convention de Vienne de 1980 veut parvenir à l'exécution en nature sans heurter la sensibilité
des juristes de la Common Law.
Article 28: "si conformément aux dispositions de la présente convention une partie a le droit d'exiger de l'autre
l'exécution d'une obligation un tribunal n'est tenu d'ordonner l'exécution en
nature que s'il le ferait vertu de son propre droit pour des contrats de vente
semblables non régis par la présente convention".
- Vision des pays socialistes
- Le commerce international était ici placé sous le contrôle de l'Etat.Le contrat ne
peut exister sans écrit.
La Convention de Vienne ne pouvait ignorer ce formalisme
inhérant aux pays socialistes.C'est pourquoi aprés avoir
affirmé dans l'article 11 que: la convention de vente n'a pas à
être conclue,ni constatée par écrit et qu'il peut être prouvé par tous moyens,la
Convention de Vienne a admis la possibilité d'émettre des réserves à
cette liberté de forme et de preuve (article 12 et 14 de la Convention de Vienne).
- Vision des pays du tiers-monde
- On peut penser que les usages constituent le ciment de l'unification.
Article 9 de la Convention de Vienne: les parties sont tenues par
les usages du commerce international sauf convention contraire.
Mais au regard des pays en voie de de développement,les usages sont une création de
l'occident "Eurocentrisme".
Ils espèrent alors des dérogations pour écarter les usages qui ne leur sont pas favorables.
- Le défaut d'unité dans l'interprétation
- L'unification du droit ne résulte pas de la simple
élaboration de textes communs,car chaque jurisprudence nationale interpréte
les textes à sa manière.Au sein de la communauté
européenne,l'unité d'interprétation est assurée par la C.J.C.E
siégeant au Luxembourg.Mais à part cet exemple,il n'existe pas de Cour
régulatrice.Cette carence se fait sentir dans l'arbitrage ad-hoc et
dans l'arbitrage institutionnel,partagé entre plusieurs centres
(American Arbitration Association,la Cour d'arbitrage de la chambre de commerce international...).
b ) Le manque d'égalité dans les rapports d'échange.
- Le défaut d'égalité dans les rapports d'échange
- Les entreprises dans les pays développés
sont plus à même de se défendre que les
entreprises des P.E.D.Les
textes essaient parfois de tenir compte de ces inégalités. Article 38 alinéa 1er de la
Convention de Vienne: l'acheteur doit examiner les marchandises dans un délai aussi bref que possible.L'examen
rapide des biens sophistiqués est complexe et peut ne pas
être possible dans les pays du tiers monde par manque d'experts.C'est pourquoi
l'article 38 précise que la briéveté des délais doit
être appréciée selon les circonstances.
Dans tous les cas l'acheteur doit sous peine de déchéance dénoncer les
défauts de conformité de la chose dans un délai de deux ans sauf disposition contraire.
Le délai de deux ans peut être trés court en cas de vices cachés.Les
pays en voie de développement ne disposant pas d'un pouvoir
de négociation fort permettant d'obtenir des délais plus longs.
L'article 71 autorise une partie à suspendre l'exécution de ses
obligations s'il apparait aprés la conclusion du contrat que le
cocontractant n'exécutera pas une partie essentielle de ses obligations
(cela choque les pays du tiers-monde).
On reproche à ce texte de fonder la suspension à l'exécution sur une
apparence d'insolvabilité.Cela oblige les entreprises menacées par
cette mesure à avoir recours aux services coûteux de banques pour les
garantir.Ce texte est perçus par les juristes du 1/3 monde comme étant
destiné à éliminer du marché ls entreprise économiquement faibles.Ces
juristes attirent l'attention des arbitres sur la nécéssité de vérifier
l'existence de faits objectifs permettant la suspension du contrat sans se contenter des apparences.
- Le défaut d'égalité dans les rapports d'investissement:
Procés des multinationales.
- Ce n'est pas seulement dans les rapports d'échange mais
aussi dans ceux d'investissements qu'on constate l'inégalité
entre el nord et le sud.L'intégration des pays en voie de
développement dans l'économie occidentale par l'intermédiaire de multinationale n'a pas
apporté à ces pays défavorisés aide et
développement,transfert de technologie et bien-être.
L'intégration dans l'économie occidentale implique l'alignement des pauvres sur le modèle
de protection et de consommation des pays riches qui ne leur convient pas,alors qu'il eut été
préférable de favoriser d'abord l'intégration des pays du tiers monde entre eux.
Quand à l'aide,la loi n'envisage pas les vrais problèmes du tiers monde
(ex:les pays du nord aident le sud sur le plan militaire au lieu de l'aider à diminuer les tensions envers les pays voisins
à maitriser la natalité ou à éviter la fuite des cerveaux).
Le développement concerne des secteurs qui ne touchent pas la
majorité de la population (ex: le tourisme de luxe,les
autos...peuvent-ils profiter à un peuple qui a besoin d'eau potable et d'un minimum vital ?).
Le transfert de technologie bloque les forces productives
locales: il consiste à apprendre à utiliser des outils et
non à les créer soi-même.L'investissement fait figure d'asservissement (ex:
concentration de l'investissement dans des marchés nécéssitant plus de
capitaux et moins de travail donc chômage).
Il y a exploitation d'une main d'oeuvre bon marché,une parcellisation des tâches (les usines se
spécialisent dans chaque pays dans la fabrication de petites parties du produit final,non
commercialisables en elles-même.C'est même pour ôter au pays d'acceuil
toute tentative et toute tentation de nationalisation.Il y a aussi une création de besoin artificiels qui multiplient les
frustrations.
Les sociétés multinationales sont plus puissantes que les états d'accueil.Gabal Amin conclue que le
commerce international se réduira bientôt au commerce interne entre sociétés multinationales et leurs succursales.Les
mouvements de capitaux ne seront plus que des transferts d'argent de l'une à l'autre des sociétés.
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