Le Droit du Commerce International
Le droit du commerce international est un corps de règles régissant
les relations commerciales
qui ne se déroulent pas entiérement dans la
sphère économique d'un seul état.
Section I:Objet du droit du Commerce international
Une situation ou une relation juridique sera régit par un corps de règles spécifiques si elle représente
un double caractère commercial et
international.
A )La commercialité de la relation.
La distinction entre droit commercial et droit civil ignorée
dans les pays du Common Law,supprimée en Italie,subsiste
encore en France en Allemagne et en Espagne.
L'optique est statique en droit civil alors qu'en droit commercial elle
est dynamique.
Le droit civil se préoccupe de la conservation des biens,le
droit commercial de leur exploitation.
Les biens et les personnes sont individualisés dans le droit
civil alors qu'en droit commercial ils font partie d'un ensemble.
Pendant longtemps,le droit civil a régit les immeubles et le
droit commercial les meubles.
Les artisans et les agriculteurs relèvent du droit civil
alors que les commerçants et les entrepreneurs individuels
relèvent du droit commercial.Est commerçant celui
qui accomplit des actes de commerce.
La commercialité est une notion difficile à
définir car si certains actes sont absolument civils (comme
la donation) et d'autres toujours commerciaux ( signature d'une lettre
de change ),la plupart des actes peuvent être civils et
commerciaux ( vente , dépôt , transport ).
La notion de commercialité et celle de la
commercialité internationale en particulier se sont
transformée.Au sens classique c'était un
échange maintenant il s'agit d'une production.
a - Les operations d'échange
Le commerce implique l'échange , la circulation. Le commerçant est un médiateur interressé ,
il accomplit des actes d'entremise ( entre le
producteur et le consommateur ). Il fait du trafic de
marchandises , d'argent , d'intermédiaire.
- Trafic de marchandises :
- couvre l'achat de biens pour les vendre
aprés leur transformation.
- Trafic d'argent:
- activité bancaire et d'assurance.
- Trafic d'intermédiaire:
- activité de courtier et
concessionnaire.
*concessionnaire : pour le compte d'autrui en son nom personnel.
*mandat : au nom et pour le comte.
*courtier : met en relation deux personnes
Le droit du commerce international régit sans doutes ces
opérations d'échanges ( vente , Mos ,Xos ) et tous les
services indispensables à la vente ( le crédit :
financement et moyen de paiement , l'assurance , le transport , les brevets
et le propriété industrielle ).
b - Les operations de production
Le commerce international
dépasse aujourd'hui les simples rapports d'exportations et d'importations . Désormais on ne se contente pas
d'expédier des marchandises on va installer à l'étranger pour les produire et les vendre ailleurs.
D'un échange classique on passe à l'investissement,qui amène les
opérateurs économique à partir à travers le monde pour construire des usines,pour exploiter des mines,des champs
pétroliers,à apporter de l'aide sous forme de transferts technologiques,d'où la
prolifération de nouveaux types de contrats (contrats
clef en mains,et produits en mains) et de marchés en mains et la complexité de ces
contrats qui se négocient et se forment progressivement,s'exécutent sur de longues
périodes et exigent la collaboration de milliers de personnes (accords de développement économiques ).
- La commercialité s'est donc élargit.On s'est demandé si la commercialité n'englobe pas d'avantage
certaines activités considérées traditionnellement comme civiles
( profession libérales,activités agricoles qui s'organisent en entreprises),quand elles s'organisent en entreprises.
- Le secteur agricole et les services font désormais partie du système de libre échange
( OMC ).On
s'achemine vers l'unification du droit privé du moins vers la
construction en droit des affaires englobant les biens et obligations
à l'exclusion des personnes et de la famille.
B ) Le caractere international
Si un camerounais achète à un autre des marchandises fabriquées,livrées
et payées au Cameroun,l'affaire se déroule entièrement d'un point de
vue économique et juridique au Cameroun.
La loi camerounaise sera exclusivement applicable.Les parties peuvent certes inclure dans leur contrat des dispositions d'une loi
étrangère mais cela ne suffit pas pour créer un problème de
conflit de lois.La loi étrangère ne sera pas applicable en tant que
telle mais se transforme en clause contractuelle.
L'affaire peut compter d'un élément d'extranéité sans devenir pour
autant une affaire internationale.La définition du caractère
international ne dépend pas d'un critère juridique c'est à dire de la
pluralité de liens avec différents pays,mais dépend d'un critère
économique qui est la mise en jeu des intérêts du commerce
international.Il y a donc un rejet du critère juridique.
a - Rejet du critere juridique
Si un allemand achète à un français un objet fabriqué,livré,et payé en
France,l'affaire sera régit par la loi française.Juridiquement
l'affaire a des liens avec plusieurs pays en raison de la nationalité
étrangère d'un des contractants.( tout au long de notre cour,nous allons
prendre cette exemple pour mieux vous expliquez )
Economiquement elle se déroule dans la sphère
d'un seul pays.La nationalité n'a aucune incidence sur la loi applicable: le droit du
commerce international n'est pas concerné.
b - L'adoption du critere juridique
L'opération est internationale quand elle ne se déroule pas entièrement
dans la sphère économique d'un seul état.Il en est ainsi en cas de
mouvement des biens,des services,par delà des frontières.
Le critère est adopté par la jurisprudence " Matter " ( Ch civ 17 mai 1927 )
" Du nom du procureur général
(ultérieurement premier président ) Matter dans
ses conclusions sur l'affaire Pélissier du Besset (Civ. 17 mai 1927,
D.P. 1928 I. 25, note Henri Capitant). Pour définir les payements
internationaux où seules étaient licites les clauses or ou en monnaie
étrangère, il avait écrit : "
Il faut que le contrat produise comme un mouvement de flux et de reflux
au dessus des frontières " . L'expression a eu
un immense succès : elle avait trouvé le mot juste,ainsi:
"Pour être international,le contrat doit produire un
mouvement de flux et de reflux au dessus des frontières,des
conséquences réciproques dans un pays et dans l'autre et par exemple,
faire l'objet d'un réglement international,le contrat de vente qui fait
passer des marchandises d'un pays à l'autre et ensuite le montant du
prix des marchés du second dans le premier.Le critère économique est
également adopté pour définir l'arbitrage international (art 1492
C.proc.civ: l'arbitrage est international,celui qui met en cause les
intérêts du commerce international).
Les éléments juridiques ne
sont pas pris en compte: peu importe la nationalité des parties ou des
arbitres,du lieu d'arbitrage.Pour que l'opération soit internationale
il faut que l'opération litigieuse intérresse par ses aspects
économiques plus d'un état.Il faut que l'affaireimplique un mouvement
de biens,de services ou de réglements à travers les frontières.